| Aspect clé | Information essentielle | Impact logistique & financier | Bonnes pratiques recommandées |
|---|---|---|---|
| Modèle d’usage | La palette consignée (EPAL) circule en boucle ; la palette perdue est à usage unique. | Rotation d’actifs vs achat direct de fournitures. | Privilégier la consigne pour les flux nationaux réguliers et la perdue pour l’export. |
| Coûts & Comptabilité | Caution (3-6€) ou location pour la consigne. Achat (3-10€) pour la perdue. | Immobilisation/créance vs charge d’exploitation immédiate. | Utiliser un logiciel de suivi (TMS) pour éviter la perte financière des bons de palettes. |
| Résistance & Sécurité | EPAL : jusqu’à 1 500 kg (dynamique). Perdue : souvent limitée à 400-1 200 kg. | Indispensable pour le stockage en rack haute hauteur et la sécurité. | Ne jamais stocker de palettes perdues non certifiées en rack automatisé. |
| Export (NIMP 15) | Le bois brut hors UE nécessite un traitement thermique HT certifié. | Risque de blocage en douane et surcoût de traitement. | Utiliser des palettes perdues en plastique ou carton pour s’affranchir des contraintes NIMP 15. |
| Matériaux | Bois (standard), Plastique (hygiène), Métal (charges lourdes), Carton (aérien). | Influence sur la tare (poids à vide) et la conformité sanitaire (HACCP). | Choisir le plastique pour l’industrie pharma/agro et le carton pour le fret aérien. |
| Impact RSE | La consigne favorise l’économie circulaire. La perdue génère un déchet immédiat. | Le recyclage du bois (95% en France) améliore le bilan carbone. | Intégrer le taux de réutilisation des supports dans le rapport RSE de l’entreprise. |
La palette consignée : l’outil de manutention de l’économie circulaire
Fonctionnement du système de consigne et de pooling
Une palette consignée n’est pas achetée : elle est prêtée. Lorsqu’un fournisseur expédie une commande sur des palettes consignées, il facture à son client un montant de caution, généralement compris entre 3 et 6 euros par palette dans le cadre d’un échange EPAL. Ce montant est remboursé intégralement au retour de la palette en bon état. Le fournisseur reste propriétaire du support pendant toute la durée du cycle.
Il faut distinguer deux systèmes distincts qui coexistent sur le marché européen. Le premier est le système d’échange dit « palette contre palette » : lors de chaque livraison, le destinataire restitue immédiatement un nombre équivalent de palettes EPAL en bon état, sans passer par un avoir. C’est le modèle dominant dans la grande distribution et le transport de groupage. Le second est le système de pooling fermé, opéré par des loueurs spécialisés tels que CHEP (palette bleue) ou LPR, La Palette Rouge (palette rouge). Dans ce modèle, l’expéditeur loue les palettes à l’opérateur, qui les récupère directement chez les destinataires et assure lui-même le nettoyage, la réparation et la redistribution. Ce dernier système supprime la gestion de retour côté chargeur, mais génère un coût de location récurrent qui peut atteindre 1 à 1,5 euro par palette et par mois selon les volumes.
| Critère | Échange palette contre palette (EPAL) | Pooling fermé (CHEP / LPR) |
|---|---|---|
| Propriété de la palette | Appartient à l’utilisateur ou est échangeable dans le pool ouvert | Appartient au loueur (CHEP, LPR) ; jamais à l’utilisateur |
| Gestion du retour | À la charge du chargeur ou du transporteur (bons de palettes) | Prise en charge par le loueur, collecte directe chez le destinataire |
| Coût | Caution remboursable (3 à 6 €) ; coût net si retour effectif = 0 € | Location mensuelle (environ 1 à 1,5 €/palette/mois) |
| Qualité garantie | Variable selon l’état de la palette restituée | Homogène : le loueur contrôle et répare en sortie de dépôt |
| Adapté à | Flux réguliers entre partenaires utilisant le même standard | Grande distribution, flux massifiés, sites automatisés |
Les marquages et homologations EPAL : comment reconnaître une vraie palette consignée
Toute palette EPAL authentique porte un marquage normalisé sur ses dés en bois (les neuf plots cubiques situés sous le plateau). Le logo EPAL est gravé dans un ovale sur les dés, accompagné du code fabricant, de l’année de production et de la mention du traitement thermique HT. Ces informations ne sont pas une simple formalité : elles permettent de distinguer une palette certifiée d’une contrefaçon ou d’une palette non conforme retirée du circuit d’échange.
Chaque palette neuve ou réparée est contrôlée par un organisme agréé EPAL. Les marquages comprennent le code du pays, le numéro de licence du fabricant ou du réparateur, le logo de traitement thermique (HT) et le sigle NIMP15. La présence de ce sigle NIMP15 est déterminante pour les expéditions hors Union européenne, et nous y reviendrons.
Depuis la séparation en 2013, l’EPAL gère seule le pool logistique ouvert avec plus de 650 millions de palettes en circulation, tandis que la marque EUR-UIC reste réservée au réseau ferroviaire européen. En pratique, une palette portant uniquement le sigle EUR sans ovale EPAL n’appartient pas au pool EPAL et ne peut pas être échangée dans le circuit logistique standard.
Une palette EPAL peut être réutilisée entre 10 et 15 fois, voire davantage si elle est régulièrement entretenue et réparée par un atelier agréé. Cette longévité est possible parce que la réparation est encadrée : seul un réparateur titulaire d’une licence EPAL peut remplacer une latte ou un plot, et chaque palette réparée doit être à nouveau marquée.
Avantages et inconvénients de la palette consignée
La palette consignée standard EPAL supporte une charge statique de 5 000 kg et une charge dynamique de 1 500 kg. Ces capacités la rendent indispensable pour le gerbage en rack haute hauteur : les rayonnages automatisés et les convoyeurs de grande distribution ne sont techniquement compatibles qu’avec des supports normalisés et dimensionnellement stables. Une palette non certifiée, même légèrement déformée, peut bloquer un convoyeur ou déstabiliser un rack à grande hauteur.
Le principal inconvénient de la palette consignée est administratif. La gestion des bons de palettes, ces documents qui attestent du nombre de palettes échangées à chaque livraison, est une source permanente de litiges entre transporteurs, chargeurs et destinataires. Un bon de palette non signé ou contesté peut représenter plusieurs euros de pertes par voyage. Pour les entreprises qui gèrent des centaines de rotations par mois, l’investissement dans un logiciel de suivi de parc de palettes ou dans un TMS intégrant ce module devient rapidement nécessaire.
La palette perdue : flexibilité et usage unique
Pourquoi dit-on qu’une palette est « perdue » ?
Le terme « perdu » n’indique pas que la palette a été égarée ou abandonnée. Le terme signifie que la palette n’est pas consignée et ne fait pas l’objet d’un suivi ou d’un retour après utilisation. Elle est vendue avec la marchandise, au même titre que le carton d’emballage ou le film étirable. Une fois livrée, elle appartient au destinataire, qui peut la conserver, la revendre à un revendeur de palettes d’occasion, ou la faire recycler.
En France, on distingue deux types de palettes non consignées : les palettes perdues à usage unique, économiques et destinées aux charges légères, et les palettes multi-rotations, non normées et pouvant servir plusieurs fois sans obligation de retour. Cette nuance est importante : une palette perdue peut techniquement être réutilisée si son état le permet, mais elle ne bénéficie d’aucune garantie de résistance au-delà de son premier usage.
Les formats disponibles
La palette perdue existe dans les mêmes formats standards que la palette consignée, mais aussi dans des dimensions sur-mesure adaptées à des machines ou à des lignes de production spécifiques. Le format 800 x 1 200 mm (format Europe) est le plus courant. Les dimensions 1 200 x 1 000 mm (format ISO ou « américain ») sont largement utilisées pour les exportations vers les marchés nord-américains et asiatiques. La demi-palette (800 x 600 mm) est courante dans les circuits de grande consommation pour la présentation en linéaire.
La palette perdue est généralement construite en bois léger avec des planches de 15 à 17 mm d’épaisseur, et supporte des charges allant de 400 à 1 200 kg pour les modèles les plus robustes, avec un poids à vide inférieur aux palettes consignées. Cette légèreté est un avantage réel pour le fret aérien, où chaque kilogramme de tare a un coût direct, mais elle limite la capacité de gerbage et la résistance aux manipulations répétées.
Avantages et inconvénients de la palette perdue
L’un des atouts majeurs de la palette perdue est son coût réduit : moins chère à produire, elle offre une solution économique pour les entreprises souhaitant optimiser leurs dépenses, surtout pour des envois uniques ou des expéditions à l’international où le coût de récupération dépasserait la valeur du support. Sur un exemple réel de 200 palettes à destination de l’Afrique, le coût d’achat de palettes perdues s’élève à 2 000 euros contre 7 600 euros pour des palettes consignées avec frais de retour inclus.
Le principal inconvénient reste la fragilité structurelle. Les palettes perdues sont légères et fragiles, et arrivent souvent à destination avec des dommages.Dans les secteurs où la marchandise est fragile ou à forte valeur ajoutée, ce risque doit être compensé par un conditionnement renforcé, ce qui annule une partie du gain sur le coût du support.
L’impact environnemental est un second point de vigilance. Une palette perdue en bois consommée en usage unique génère un déchet solide qui devra être valorisé ou éliminé par le destinataire. Le taux de recyclage du bois de palette atteint jusqu’à 95 % en France grâce à des initiatives sectorielles, mais ce taux reste dépendant de la présence d’une filière locale organisée, souvent absente dans les destinations d’exportation lointaines.
Comparatif technique : formats, dimensions et matériaux
Les différents formats standards
Le paysage des formats de palettes est plus diversifié qu’il n’y paraît. Au-delà des deux formats les plus courants (Europe 800 x 1 200 mm et ISO 1 200 x 1 000 mm), il existe des gammes spécialisées qui répondent à des contraintes sectorielles précises.
Les palettes chimiques CP (de CP1 à CP9) constituent un cas à part. Elles ont été normalisées par les industries de la chimie et de la pétrochimie pour répondre aux contraintes de leurs contenants spécifiques : fûts, big bags, IBC (conteneurs de vrac intermédiaires). Chaque référence CP correspond à une combinaison de dimensions, de charge maximale et de type de marchandise. La CP1 mesure 1 200 x 1 000 mm et supporte 1 500 kg dynamiques, la CP9 mesure 1 140 x 1 140 mm et est dédiée aux IBC de 1 000 litres. Ces palettes sont toujours consignées et gérées dans des pools fermés par les grandes entreprises chimiques (BASF, Total, Solvay).
| Format | Dimensions (mm) | Charge dynamique max. | Usage principal | Consignée ou perdue ? |
|---|---|---|---|---|
| Palette Europe (EPAL) | 1 200 x 800 | 1 500 kg | Transport européen, grande distribution, rack | Consignée |
| Palette ISO / Américaine | 1 200 x 1 000 | 1 500 kg | Export USA, Canada, Japon ; non compatible camions EU | Perdue ou consignée selon accord |
| Demi-palette | 800 x 600 | 500 kg | Présentation en linéaire, drive, e-commerce | Consignée (système LPR) |
| Quart de palette | 600 x 400 | 250 kg | Pharmacie, cosmétique, petits colis | Perdue le plus souvent |
| Palette CP1 à CP9 | Variable selon référence | 1 000 à 1 500 kg | Chimie, pétrochimie, IBC | Consignée (pool fermé) |
Le match des matériaux
Le bois est le matériau le plus répandu, mais il est loin d’être le seul. Chaque matériau répond à un ensemble de contraintes spécifiques que le choix du type de flux (consigné ou perdu) ne suffit pas à lui seul à trancher.
Le bois reste le classique justifié : réparable, recyclable, disponible partout et compatible avec toutes les homologations EPAL. Sa capacité à être cloué, recloué et reconstitué lui confère une durée de vie extensible. Son seul inconvénient structurel est son humidité variable : le bois absorbe l’humidité ambiante, ce qui peut légèrement modifier son poids entre les livraisons et créer des conditions propices au développement de moisissures dans les entrepôts frigorifiques ou humides.
Le plastique s’est imposé dans les secteurs soumis à des contraintes d’hygiène strictes. La palette en plastique ne présente aucun risque de prolifération de parasites ni de moisissure, ce qui en fait un choix adapté à l’exportation, mais elle ne peut être réutilisée en cas de dommage. Dans l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire, les palettes plastiques rackables permettent de répondre aux normes HACCP sans traitement phytosanitaire spécifique. Leur poids constant (elles n’absorbent pas l’humidité) facilite aussi la gestion des charges utiles.
Le métal (acier ou aluminium) est réservé aux contextes de charges extrêmes ou d’environnements agressifs. Les palettes en métal conviennent aux utilisations intensives dans le BTP, les industries nucléaires ou chez les fabricants de machines, avec une résistance particulière aux chocs, à la chaleur et à l’humidité. Leur masse considérable (entre 15 et 40 kg selon le format) constitue néanmoins un surcoût de transport non négligeable qui limite leur pertinence aux circuits courts ou aux environnements dans lesquels elles ne quittent jamais le site.
Le carton et les matériaux composites représentent le segment le plus innovant. Ultra-légers (entre 4 et 7 kg), entièrement recyclables et exempts de toute obligation de traitement phytosanitaire, ces supports ont la faveur des entreprises exportant par avion. Ils sont disponibles en usage unique ou en version renforcée permettant quelques rotations. Leur principale limite est la résistance à l’humidité : en entrepôt froid ou sous pluie, un carton non traité perd rapidement une partie de sa rigidité.
| Matériau | Poids moyen (format Europe) | Résistance | Avantage clé | Limite principale | Usage type |
|---|---|---|---|---|---|
| Bois | 22 à 30 kg | 1 500 kg dynamique | Réparable, échangeable EPAL | Absorption d’humidité, poids variable | Transport européen massifié, rack |
| Plastique | 12 à 18 kg | 1 200 à 1 500 kg | Hygiène, pas de parasites, poids constant | Non réparable en cas de casse | Pharma, agroalimentaire, entrepôts automatisés |
| Métal (acier / alu) | 15 à 40 kg | Jusqu’à 5 000 kg | Résistance extrême, longue durée de vie | Poids élevé, coût de transport important | BTP, nucléaire, machinisme industriel |
| Carton / Composite | 4 à 7 kg | 400 à 800 kg | Légèreté maximale, recyclable, exempt NIMP15 | Sensible à l’humidité, usage limité | Export aérien, e-commerce, produits légers |
L’aspect financier et comptable
Traitement comptable de la palette perdue
Sur le plan du Plan Comptable Général (PCG), le traitement de la palette perdue est le plus simple qui soit. Les palettes perdues sont comptabilisées dans le compte 60261 « Emballages perdus » et dans le compte 3261 « Stocks d’emballages perdus ». Il s’agit d’une charge consommable, au même titre qu’un achat de fournitures d’emballage, enregistrée dans l’exercice de sa consommation. Cette simplicité est l’un des arguments souvent sous-estimés en faveur de la palette perdue pour les TPE et PME dont les ressources comptables sont limitées.
Les emballages perdus entrent dans le prix des biens vendus et sont soumis à TVA en même temps que ces biens. Il n’y a donc aucune écriture de consignation, aucun compte d’attente et aucun suivi de caution à gérer. L’achat est une charge, la livraison solde l’opération.
Traitement comptable de la palette consignée
Le traitement comptable de la palette consignée est structurellement plus complexe et implique plusieurs acteurs et plusieurs moments dans le temps.
Du côté du fournisseur qui expédie sur palettes consignées, la palette identifiable (portant un numéro de série) est comptabilisée comme une immobilisation dans le compte 2186 « Emballages récupérables ».Elle fait l’objet d’un amortissement sur sa durée de vie estimée, généralement cinq à dix ans pour une palette EPAL bien entretenue. Les palettes non identifiables (sans numéro individuel) passent en compte 60265 « Emballages récupérables non identifiables ».
Lors de l’expédition, le fournisseur facture la caution à son client. Le prix de consignation est exonéré de TVA, mais le vendeur peut volontairement soumettre à la TVA la consignation des emballages récupérables non identifiables. Côté client, la caution versée est enregistrée au débit du compte 4096 « Fournisseurs, créances pour emballages et matériels consignés ». C’est une créance sur le fournisseur, non une charge.
Trois scénarios sont ensuite possibles. Si la palette est restituée en bon état, le fournisseur émet un avoir et la caution est remboursée intégralement, sans TVA. Si elle est restituée en état dégradé, le fournisseur applique un malus : le montant conservé par le vendeur est enregistré dans le compte 7086 « Bonis sur reprises d’emballages consignés » et la TVA devient exigible sur ce boni. Si la palette n’est pas restituée, la non-restitution de l’emballage consigné est considérée comme une vente soumise à TVA. Pour le client, cela se traduit par un débit du compte 6026 ou 6136 (malis sur emballages) selon que la palette a été conservée volontairement ou perdue.
| Situation | Compte concerné (fournisseur) | Compte concerné (client) | TVA |
|---|---|---|---|
| Palette perdue (achat) | N/A (charge directe) | 60261 – Emballages perdus | Soumise à TVA à l’achat |
| Consignation de palette | 4196 – Dettes sur emballages consignés | 4096 – Créances pour emballages consignés | Exonérée à la consignation |
| Retour en bon état | Solde du 4196 par avoir | Solde du 4096 par avoir | Pas de TVA |
| Retour dégradé (malus) | 7086 – Bonis sur reprises d’emballages | 60262 – Malis sur emballages | TVA exigible sur le malus |
| Non-restitution | 7088 – Autres produits annexes | 6026 ou 6136 – Achat ou mali | TVA exigible (vente assimilée) |
Exportation et normes : le point sur la NIMP 15
Ce que dit la norme
La Norme Internationale pour les Mesures Phytosanitaires n°15 (NIMP 15) a été adoptée par la FAO en 2002 dans le cadre de la Convention internationale pour la protection des végétaux (IPPC). Son objectif est d’empêcher la propagation d’insectes ravageurs et de parasites cachés dans le bois des emballages lors des échanges internationaux. La norme s’applique à tous les articles d’emballage en bois massif d’une épaisseur supérieure à 6 mm : palettes, caisses, rehausses palettes et éléments de calage.
Pour être conforme, les palettes en bois doivent subir un traitement thermique HT : le bois est chauffé à cœur jusqu’à atteindre 56 °C pendant 30 minutes minimum. Ce traitement, naturel et sans produit chimique, est depuis 2015 le seul autorisé pour les applications générales, la fumigation au bromure de méthyle (MB) ayant été interdite en Europe depuis 2010.
Une fois traité, l’emballage reçoit un marquage normalisé visible, comportant le logo de l’IPPC (épi stylisé), le code ISO du pays de traitement (FR pour la France), le numéro d’agrément du fabricant et la mention HT. Ce marquage doit être indélébile et apposé directement sur le bois.
Dans quels cas la NIMP 15 s’applique-t-elle ?
Les emballages, caisses et palettes en bois circulent sans obligation de conformité NIMP15 partout dans l’espace européen (27 pays). La norme ne s’applique qu’aux expéditions hors Union européenne, avec deux exceptions notables : le Royaume-Uni, depuis le Brexit, et le Portugal, qui applique la norme à toutes ses exportations de bois d’emballage en raison de la présence du nématode du pin sur son territoire.
La norme NIMP 15 s’impose dans plus de 180 pays, incluant les États-Unis, la Chine et l’Australie. En cas de non-conformité, l’exportateur s’expose à un refus en douane, un traitement forcé ou la destruction des marchandises à la frontière.
Pourquoi la palette perdue en plastique ou en carton est souvent privilégiée à l’export
Certains matériaux échappent à la réglementation NIMP 15, comme le contreplaqué, l’OSB, le MDF ou les panneaux de particules, dont la fabrication élimine déjà tout risque parasitaire. Les palettes en plastique, en carton et en matériaux composites sont donc totalement exemptées de traitement phytosanitaire, ce qui simplifie considérablement les formalités douanières à destination. Pour un exportateur envoyant régulièrement des marchandises au Japon, aux États-Unis ou en Australie, utiliser une palette perdue en plastique ou en carton évite de gérer le certificat NIMP 15, le risque de refus en douane et le surcoût du traitement thermique.
Synthèse : quel support choisir selon votre activité ?
Le choix entre palette consignée et palette perdue n’est pas une décision unique : c’est le résultat d’un arbitrage entre le coût total de possession, la complexité administrative, les exigences des flux et le profil de vos partenaires logistiques.
Plusieurs entreprises constatent un retour sur investissement dès la première année sur les projets de réduction de pertes de palettes, surtout lorsqu’elles combinent digitalisation, renégociation contractuelle et choix de supports adaptés : palettes consignées robustes sur les flux récurrents, palettes perdues sur les flux opportunistes.
| Critère | Palette consignée (EPAL) | Palette perdue |
|---|---|---|
| Coût unitaire | 10 à 25 € (neuve) / 5 à 15 € (occasion) + caution remboursable | 3 à 10 € (bois léger) selon format et matériau |
| Durabilité | 10 à 15 rotations minimum ; réparable et recyclable | Usage unique recommandé ; recyclable si filière locale |
| Charge dynamique | 1 000 à 1 500 kg (EPAL bois) | 400 à 1 200 kg selon modèle |
| Gestion administrative | Lourde (bons de palettes, suivi de parc, cautions) | Nulle (charge comptable simple) |
| Compatibilité rack haute hauteur | Oui (dimensions et rigidité normées) | Limitée (déformation possible sous charge) |
| Export hors UE (bois) | Possible si traitement HT et marquage NIMP15 | Plastique ou carton : exempt NIMP15 ; bois : traitement requis |
| Secteurs privilégiés | Grande distribution, industrie, pharma (circuits réguliers) | Export, e-commerce ponctuel, flux unidirectionnels |
| Impact environnemental | Faible (multi-rotations, réparable, économie circulaire) | Plus élevé si non recyclée localement |
FAQ : tout savoir sur les palettes consignées et perdues
Peut-on réutiliser une palette perdue ?
Techniquement oui, mais sous conditions. Rien n’interdit à un destinataire de conserver une palette perdue reçue en bon état et de la réutiliser pour ses propres expéditions. Le risque est double : d’une part, la palette perdue est construite avec des planches plus minces (15 à 17 mm contre 22 à 24 mm pour une EPAL), ce qui signifie qu’elle supporte moins bien les manipulations répétées par chariot élévateur ou transpalette. D’autre part, elle ne porte aucun marquage EPAL et ne peut donc pas être utilisée dans un circuit d’échange normalisé ni pour le gerbage en rack grande hauteur.
Comment gérer les litiges sur les bons de palettes ?
Le litige sur les bons de palettes survient généralement lorsque le nombre de palettes remises à la livraison ne correspond pas au nombre de palettes EPAL que le destinataire est en mesure de restituer immédiatement. La solution la plus efficace est contractuelle : intégrer dans les conditions générales de vente ou dans le contrat de transport une clause précisant le délai de restitution accepté (souvent 30 jours) et le prix de facturation en cas de non-retour. Sur le terrain, la signature du bon de palette par le chauffeur et le destinataire à chaque livraison reste la seule preuve opposable en cas de contestation.
Quel est le prix moyen d'une palette Europe EPAL en 2026 ?
Le prix d’une palette EPAL neuve se situe entre 10 et 25 euros selon le fournisseur et les quantités. Les palettes d’occasion ou reconditionnées s’échangent entre 5 et 15 euros selon leur état. Ces prix sont sensibles aux variations du marché du bois. Des tensions sur les résineux (pin, épicéa) utilisés pour les traverses EPAL peuvent faire fluctuer les tarifs de 15 à 20 % en quelques mois, comme cela a été observé entre 2021 et 2023 lors de la crise mondiale des matières premières bois.
Une palette consignée peut-elle partir à l'export ?
Oui, à condition qu’elle porte bien le marquage NIMP 15 (sigle HT dans le cartouche EPAL). Les palettes Europe EPAL traitées selon la norme NIMP 15 sont reconnaissables aux marquages correspondants sur les dés du milieu des deux côtés longitudinaux. Toutes les palettes EPAL produites après 2010 reçoivent ce traitement thermique de série. Le vrai problème de la palette consignée à l’export reste sa récupération : dans les flux unidirectionnels (un expéditeur français vers un distributeur américain ou australien), organiser le retour d’une palette EPAL coûte plus cher que la palette elle-même, ce qui rend l’usage de palettes perdues économiquement incontournable.
La réglementation européenne va-t-elle rendre la palette perdue obsolète ?
Pas à court terme, mais la pression réglementaire s’intensifie. Les systèmes de consigne et de réutilisation s’intègrent progressivement dans la conformité réglementaire et la politique globale de décarbonation des entreprises. Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR, en cours de transposition en 2025-2026) prévoit des objectifs de réutilisation des emballages de transport pour les opérateurs B2B. Il ne supprime pas la palette perdue, mais il incite fortement à réduire son usage sur les flux intra-européens réguliers au profit de solutions consignées ou mutualisées.
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